La médecine ayurvédique s’intéresse à la santé au sens large, incluant ainsi l’hygiène de vie, le corps mais aussi l’esprit. Peu accessible en France, on connaît surtout ses déclinaisons : massages, yoga, cure, diététique… Découvrez les principes de cette pratique en plein renouveau :
L'ayurveda (du sanskrit Ayu : vie et Veda : connaissance) ou « médecine ayurvédique » est une médecine indienne vieille d'au moins 5 000 ans, basée sur ce qu'on appelle aujourd'hui la « médecine naturelle ». C'est une approche holistique de la culture védique qui constitue les prémices de l'hindouisme.
L'utilisation du mot véda, ou connaissance, situe la place sacrée de l'ayurveda en Inde. L'ayurveda a aussi une tradition de chirurgie. Les deux premiers textes de l'ayurveda originaires des bords de l'Indus sont le Charaka Samhita et le Sushruta Samhita.
L'ayurvéda propose un bien-être durable dans la vie, tant individuelle que familiale et sociale. Elle remet l'homme dans sa dimension à la fois physique et spirituelle (« spirituel » concerne l'esprit, la psychologie, et la neurophysiologie, à distinguer de « religieux », bien que certainement complémentaires).
La médecine ayurvédique permettrait de reconnaître les particularités physiques, les maladies et les dysfonctionnements les plus courants susceptibles d’affecter les patients. Selon cette science des humeurs, chaque individu est caractérisé par le mélange de trois humeurs.
Les trois humeurs principales fondent les Doshas, les énergies vitales qui régulent l’organisme. On les appelle Vata (le vent), Pitta (la bile) et Kapha (la phlegme) :
- Pour schématiser, ceux qui sont dominés par l’élément Vata ont une silhouette élancée, un caractère imaginatif et impulsif et peuvent être sujets aux insomnies et à l’inquiétude.
- Les personnes de type Pitta jouissent d’une certaine résistance mais peuvent être la proie de colères et de réactions passionnelles.
- Enfin, les Kapha seraient de constitution solide avec des tendances à l’embonpoint et à la lenteur, voire même des problèmes d’obésité et de cholestérol.
Bien entendu, ces types dominants se retrouvent en proportions variables selon chacun et les types "purs" sont pratiquement inexistants. Il ne s’agit là que d’une vague esquisse car cette médecine raffinée s’attache à définir de nombreux critères en examinant différentes parties du corps : la langue, les yeux, et surtout le poignet dont les pulsations pourront renseigner sur la vitalité du patient et ses possibles pathologies. Les urines sont également au coeur du diagnostique. Il s’agit d’appréhender l’homme dans sa globalité.
Des régimes en quatre étapes :
En dehors d’un diagnostique précis, la médecine ayurvédique prône des régimes diététiques adaptés au fonctionnement des organes les plus faibles de chaque type. Le traitement concernant les maladies, à proprement parler, consiste en quatre étapes principales :
- On commence par le Shodan, un nettoyage de l’organisme qui permet de le libérer de ses toxines. En premier lieu, on procède à un massage à base d’huile et d’herbes, l'abhyanga, mais ne constitue pas cas le cœur du traitement au contraire de ce qui est perçu actuellement en Occident. Il est destiné à pousser les toxines vers le système digestif et donc à l'élimination. Ensuite c’est le Pancha Karma ou cinq systèmes de détoxification, une cure d'un nombre impair de jours pouvant durer pour certains plusieurs semaines où l’on peut procéder à des lavements, des douches nasales ou à des vomissements considérés comme libérateurs . Des aliments comme le beurre clarifié ou une forme de yogourt, très prisés dans la cuisine indienne, sont ensuite préconisés pour restaurer la flore intestinale ;
- La deuxième étape du traitement est le Shaman, l’étape qui réconcilie les doshas en intégrant une dimension spirituelle au traitement. La pratique du jeûne, du chant, du yoga et d’exercices de méditation et de respiration constitue cette méthode "d’illumination". L’ingestion d’herbes ou d’épices fait également partie de cette étape du traitement. Par conséquent, le Shaman peut être à la fois préconisé pour des personnes malades au niveau émotionnel, faibles d’un point de vue immunitaire ou pour des personnes saines qui désireraient améliorer leur condition physique générale ;
- La troisième étape s’appelle le Rasayana et consiste en un processus de tonification capable d’augmenter les capacités et les performances du corps. Cette étape est surtout recommandée pour stimuler la fertilité et les performances sexuelles. On accorde également au Rasayana des vertus anti-oxydantes qui permettent d’améliorer la longévité. Exercices physiques et respiratoires et préparations à base d’herbes sont couplés avec des traitements à base de minéraux composés selon le type dosha du patient ;
- La dernière étape, le Satvajaya permet de diminuer le stress et d’augmenter l’équilibre psychologique afin d’atteindre une plus grande élévation spirituelle et de meilleures performances mentales. On s’initie pour cela aux mantras, ou thérapie par le son, aux yantras, qui permet une plus grande concentration et aux tantras qui permettent de diriger l’énergie au travers du corps et de libérer la conscience.
Encore très pratiquée aujourd’hui en Inde, elle reste difficile d’accès pour les occidentaux. Néanmoins, certaines techniques thérapeutiques comme les massages, les régimes diététiques, le yoga et certaines cures de purification sont de plus en plus proposés.
Aucune formation d'État, aucun diplôme d’État de massothérapeute ayurvédique n’est délivré par les Universités ayurvédiques d’État en Inde.
Il existe de nombreux « centres ayurvédiques » qui ne sont pas reconnus par l'ordre des médecins. Il est donc fortement recommandé de se référer UNIQUEMENT à des autorités légales et compétentes du ministère indien de la santé. L'ayurveda est comme toute médecine, définie et protégée par des lois. |